Démobilisation 1940

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Démobilisation 1940

Message par CS69 le Dim 23 Déc 2012 - 9:10

Bonjour a tous,

Ci joint un document de démobolisation aprés l'armistice de juin 1940.j' ai plusieurs questions si quelqu'un peut m'apporter des réponses.

Est ce que tous les soldats qui n'ont pas été fait prisonniers avant la signature de l'armistice ont été démobilisés?

Sur quels critères,les soldats sont démobilisés?

Ceux qui n'ont pas été démobilisé sont ils fait prisonniers ou bien reversé dans l' armée d'armistice?





merci d' avance pour votre aide,

bonne fêtes de fin d'année.

cordialement .

christophe

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Re: Démobilisation 1940

Message par SamuelGM le Lun 24 Déc 2012 - 0:07

Bonjour,

je serais tenté de dire que tous les civils mobilisés en 1939 qui n'avaient pas été fait prisonniers ont tous été démobilisés, et qu'après l'armistice de 1940 il ne restait plus que les militaires de carrière et des appelés de 1939 - 1940 (avant l'armistice) qui terminaient leurs service (2 ans).

Sauf erreur de ma part, après l'armistice les appelés allaient en chantiers de jeunesse.

Tout cela est à vérifier!

Samuel
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Re: Démobilisation 1940

Message par Chigwenn le Dim 30 Déc 2012 - 22:34

Bonjour,

Merci pour le scan du document.

Pour préciser la réponse de Samuel, quelques éléments extraits de "L'armée de Vichy, le corps des officiers français 1940-1944" de Robert Paxton. Le livre a été publié en 2003 chez Tallandier ; il s'agit de la traduction par Pierre de Longuemar d'un ouvrage publié initialement aux États-Unis en 1966, lui-même tiré de la thèse universitaire de Paxton.



Il faut rappeler les termes de l'article 4 de la convention d'armistice selon lesquels les forces françaises doivent être démobilisées et désarmées. "Sont exemptes de cette obligation, les troupes nécessaires au maintien de l'ordre intérieur". Cette disposition permettant le maintien d'une armée française est vécue par les chefs de cette armée comme une "concession" allemande. En fait, R. Paxton explique qu'il s'agit pour Hitler de laisser à la France les tâches du maintien de l'ordre pour se concentrer sur l'assaut final contre la Grande-Bretagne et d'autre part de laisser à la France une apparence de souveraineté pour éviter que les Britanniques ne fassent main basse sur le flotte et l'Empire (p. 25).

Quoi qu'il en soit des intentions d'Hitler, cette "concession" rassure les officiers français : d'abord, c'est humain, du point de vue de la sécurité de leur emploi et ensuite en vue de prévenir des troubles sociaux (p. 26 et 27).

Les questions liées à la taille et à l'équipement de l'Armée de l'armistice ne sont pas tranchées dans la convention d'armistice. Un document non signé prévoyait le principe d'une armée de 100 à 120 000 hommes. Les questions de détail restaient à voir avec la commission allemande d'armistice (p. 57).

Robert O. Paxton a écrit:De juin à fin novembre 1940 ou presque, le haut commandement français s'affaira donc à la double tâche consistant à démobiliser les vestiges de l'armée française défaite et, dans le même temps à constituer les unités de la nouvelle armée de transition (p. 55-56)

C'est au début le général Weygand, ministre secrétaire d'État à la Défense nationale, qui discuta avec les Allemands puis à partir du 6 septembre 1940 le général Huntziger, nommé ministre secrétaire d'État à la Guerre après la suppression du poste de Weygand envoyé en Afrique pour mettre fin au mouvement de dissidence (p. 57).

Le général Huntziger est ainsi commandant de l'Armée de l'armistice à dater du 6 septembre 1940 (p.26). Cette armée est constituée le 25 novembre 1940 :

Robert O. Paxton a écrit:l'Armée d'armistice comprenait huit divisions, une dans chacune des huit régions militaires d'avant guerre situées en zone non-occupée. Chaque division comportait trois régiments d'infanterie, un régiment de cavalerie, un régiment d'artillerie hippotractée, un bataillon du génie, un groupe de transmissions, une compagnie du train, et une légion de la Garde. Deux hauts commandements, le premier et le second groupes de divisions militaires avec leur QG respectivement à Avignon et à Clermont-Ferrand contrôlaient chacun quatre divisions... ...L'ensemble s'élevait théoriquement en métropole à 100 000 hommes et officiers... ... En pratique les effectifs totaux n'atteignirent jamais ce quota. (p. 58)

On en arrive à des points qui concernent plus précisément les questions de Christophe :

Robert O. Paxton a écrit:Les hommes de l'Armée d'armistice étaient censés être des engagés volontaires, servant pour un minimum de trois ans et auxquels étaient offertes de fortes incitations financières afin de les pousser à se réengager. La conscription et le service militaire étaient suspendus. En pratique, cependant, le remplacement des appelés du contingent de la Troisième République par des engagés à long terme se fit si progressivement que l'Armée d'armistice demeura une armée de conscrits tout au long de son existence ou presque. Quand les derniers appelés de 1939 - ceux qui avaient été mobilisés à temps pour assister à la débâcle - furent finalement libérés à partir de septembre 1942, les engagés ne comblèrent pas le déficit. (p. 58)

Se pose alors la question des officiers d'active, au nombre de 30 000 (p. 59) alors que seuls 8 000 officiers sont autorisés à rester en métropole et en Afrique. Sur quels critères va s'opérer la sélection ?

Pour les prisonniers la question est réglée ; les réservistes sont renvoyés dans leurs foyers, les gradés à titre temporaire voient leur promotion annulée. Le 2 août 1940, Weygand abaisse la limite d'âge des officiers sous prétexte de rajeunir les cadres. Certains services spécialisés (santé, intendance, justice militaire, service géographique) passent sous statut civil pour que leur personnel ne soit pas intégré dans le décompte (p. 59). Le congé d'armistice est institué le 15 août 1940. Il prévoit que l'officier qui en bénéficie perçoit une solde réduite mais garde tous ses droits en termes de progression de carrière et de retraite. R. Paxton note d'ailleurs que les soldes étaient maintenues à leur niveau initial les trois premiers mois...

Robert O. Paxton a écrit:"sous-entendant que, dans ce délai, un traité de paix pourrait bien être signé, permettant la réintégration de ces officiers en surnombre. (p. 60)

Nous savons aujourd'hui ce qu'il en fut de ce délai.

Robert O. Paxton a écrit:La loi créant le congé d'armistice donnait au général Huntziger le pouvoir de choisir les officiers auxquels ce statut serait appliqué au cas où il n'y aurait pas assez de volontaires pour quitter le service actif. (p. 60)

Des commissions de classement eurent alors pour rôle d'étudier les journaux de marche des unités pour identifier les officiers qui s'étaient montrés inaptes au combat :

Robert O. Paxton a écrit:En principe la tâche des commissions de classement "consistait à établir avec la plus grande impartialité, par liste et dans chaque grade et spécialité, un classement des personnels selon leurs mérites ; et, en fonction des besoins en officiers, ils obtenaient des affectations dans la limite des effectifs autorisés, ou étaient mis en congé d'armistice". (p. 61)

La mise en œuvre de cette disposition permit en outre d'éliminer des candidats sur des bases politiques ; notamment dans l'armée de l'air dont une publication interne expliquait que

Robert O. Paxton a écrit:...les commissions de classement avaient reçu instruction d'éliminer les "dissidents" comme les "incompétents". (p. 61)

Il faut ajouter les lois d'exception de 1941 et 1942 qui justifièrent l'éviction des officiers juifs et francs-maçons (p.61).

Telles furent les conditions de recrutement de cette armée qui resta brillamment l'arme au pied en novembre 1942 lorsque les Allemands envahirent la zone libre. Venons-en aux Chantiers de jeunesse. Malgré l'intérêt aux yeux de certains officiers d'une armée de métier, il existait un risque avec la fin de la conscription que cette armée ne perde son influence sur la jeunesse du pays. L'inquiétude immédiate se portait sur les recrues fraîches de l'armée, sans entraînement, que le ministre de la Guerre ne souhaitait pas intégrer dans les 100 000 hommes de l'armée d'armistice.

Robert O. Paxton a écrit:Le général de La Porte du Theil reçut instruction de "reprendre en main tous ces jeunes gens désemparés" qui venaient de subir un choc terrible, et dont "on pouvait craindre qu'ils fussent pour longtemps aigris". "Dans l'état général du pays, le danger était grave et le péril imminent." C'est à partir de ces instructions données dans l'urgence que naquirent le 31 juillet 1940 les "Chantiers de la jeunesse", la nouvelle organisation grâce à laquelle une influence militaire salutaire pourrait être maintenue sur la jeunesse du pays en l'absence d'un service militaire obligatoire. (p. 229)... ...De juillet 1940 à janvier 1941, quelque 90 000 hommes établirent de petits camps où ils accomplirent des travaux d'utilité et produisaient principalement du charbon de bois (p. 229)... ...Le 18 janvier 1941, après la libération des recrues de l'été 40, le décret temporaire du 30 juillet 1940 créant les "Groupements de jeunesse" fut remplacé par une loi faisant des Chantiers de la jeunesse un organe permanent du nouvel État. Dorénavant, tout Français de sexe masculin devrait, à compter de sa vingtième année, passer huit mois dans un camp de travail. Pendant les trois années suivantes, tous les huit mois, quelque 100 000 jeunes Français allèrent travailler dans quarante-trois camps situés en zone libre et en Algérie. (p. 230)

Pardon pour ce message un peu long. La question m'a intéressé et une fois parti, je n'ai pas pu m'arrêter... Embarassed

Laurent study


Dernière édition par Chigwenn le Lun 31 Déc 2012 - 19:11, édité 2 fois
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Re: Démobilisation 1940

Message par Nilemac le Lun 31 Déc 2012 - 11:28

Bonjourn
La question nécessitait une réponse longue compte tenu des ambiguïtés qui planaient sur cette "armée d'armistice".
Merci à Christophe pour sa question pertinente et à Laurent pour sa LONGUE réponse.
Samuel, j'aurai probablement fait la même réponse que toi Sad
Je pense que je pourrai, avec votre collaboration tirer un article pour notre Revue.
Bonnes Fêtes à tous.
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Re: Démobilisation 1940

Message par Chigwenn le Lun 31 Déc 2012 - 16:23

Bonjour Alain,

Je me suis permis d'éditer mon message pour corriger quelques coquilles, vues à la relecture. Pardon pour celles qui restent.

J'ai oublié de préciser que l'Armée d'Armistice fut dissoute le 27 novembre 1942.

Nilemac a écrit:Samuel, j'aurai probablement fait la même réponse que toi Sad

Pas fausse au demeurant.

Nilemac a écrit:Je pense que je pourrai, avec votre collaboration tirer un article pour notre Revue.

Hein !?... Collaborer, moi ? Jamais !

Bonne année Alain et les autres Very Happy.

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Re: Démobilisation 1940

Message par CS69 le Ven 4 Jan 2013 - 16:35

bonjour,

je vous present mes meilleurs voeux pour cette année 2013.

merci a tous pour vous réponses qui comble mon ignorance .

cordialement ,

christophe.

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Re: Démobilisation 1940

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